La trajectoire pluridirectionnelle de la crise éclatée fin avril 2009 à la faculté de Médecine et de pharmacie laisse la funeste impression d’un déjà vu météorologique. Les vents tournent au gré d’on ne sait quel itinéraire, et l’accalmie n’est jamais synonyme de fin de tragédie. A près d’un mois de la prise en main par l’exécutif d’un pan de la situation, on peine à tenter de déterminer l’issue de cette situation qui tient le monde universitaire, direct et indirect, en état. De l’occupation arbitraire du bâtiment de la FMP par des étudiants en colère aux sanctions excluant définitivement une dizaine des chefs de file du mouvement (suivi de 35 mises en quarantaine), on a l’impression de cheminer à l’intérieur d’un labyrinthe infernal où les acteurs apparents, sans le savoir, se laissent manipuler par des secteurs agissant dans l’ombre.
23 octobre 2009
Université d’Etat d’Haïti : Des mots qui fâchent aux maux de l’heure (lu sur Alterpresse)
Proposé par James Darbouze
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29 septembre 2009
Un texte lu sur Alterpresse.org
Haiti-Mouvements étudiants et sociaux : Questionner les formes de luttes
Une note clé dans le texte de Myrtha Gilbert
mardi 29 septembre 2009
Débat
Par Rodolphe Mathurin
Soumis à AlterPresse le 28 septembre 2009
« Quand un pouvoir politique ne peut ni convaincre ni délivrer la marchandise, il lui reste selon les circonstances (souligné par nous), la cooptation/domestication, la manipulation ou la répression des secteurs sensibles et combatifs, or l’université d’Etat est l’un de ces secteurs ».Réf : ‘’ Haïti : L’UEH entre infantilisme, opportunisme et manipulation politique ’’. Extrait : 2-« grève des étudiants » deuxième édition, revue et corrigée (huitième paragraphe). Par Myrtha Gilbert : AlterPresse-AlterForo, 21 septembre 2009.
19 septembre 2009
Position de principe et message de solidarité aux étudiants haïtiens !
Entre la honte et le silence (inspiré de l’éditorial de Lyonel Trouillot, Le silence et la honte, paru dans le quotidien Le Matin, 10 juin 2009), nous avons choisi de faire entendre nos voix et de fixer notre position, face à cette éruption des étudiants dans l’espace public. Nous disons éruption, car elle laisse encore une fois, entrevoir sa fin tragique : celle d’un recommencement annoncé et d’une réforme toujours différée. Voir notre note, A propos de la crise à l’ENS, du déjà vu, sur la crise à l’Ecole Normale Supérieure, le 2 mars 2009, sur perilueh.blogspot.com. Est-ce pour autant, motifs pour nous de garder le silence. Non !
10 septembre 2009
Réflexions sur la décision du CE de l'UEH
Que le Rectorat soit obligé de recourir à la force publique pour permettre au décanat de la Faculté de Médecine (FMP) de reprendre le contrôle des locaux de ladite Faculté, c'est un fait à déplorer. C'est regrettable et malheureux que l'on soit arrivé à cette mesure au sein de la communauté universitaire.
Mais, Pourquoi est-on arrivé là ? Comment faut-il comprendre ce qui s'est passé ? D'après moi, il ne s'agit pas d'un usage de la force publique par le pouvoir politique pour réprimer des étudiants en raison de leurs engagements ou de leurs opinions politiques. Il ne s'agit pas non plus d'un rectorat de facto qui cherche à mater une contestation étudiante.
7 septembre 2009
Position du professeur Millard Roosevelt-intervention musclée du RUEH
Professeur Deshommes,
Cela me gêne beaucoup de constater que vous affichez, vous Fritz Deshommes, sans l’ombre d’un regret cette attitude triomphaliste qui doit peut être cacher un sentiment profond de culpabilité, après avoir accompli cet acte le plus honteux qui ait été commis à l'Université d'Etat d'Haïti depuis sa fondation, à savoir, le débarquement en pleine nuit des forces armées dans l'enceinte de la Faculté de Médecine. Je me garde de rappeler ici les détails de cette triste opération afin d'éviter de dévoiler l’évidence de votre intention de noyer dans le sang toute résistance de la part des étudiants.
Vous savez, mieux que moi, que vous avez eu soin d'écarter ou d'ignorer toutes les propositions qui pourraient aboutir à une solution négociée à la crise. Je sais que dès le départ, pour des raisons inavouables, le recteur et vous (le professeur W. Laleau semblait être plus timide) avez exprimé (dans vos propos fort malheureux) votre mépris à l'égard des étudiants contestataires et avez opté pour une solution musclée. Cela s'est traduit par la campagne de dénigrement que vous avez orchestrée contre ces étudiants et les professeurs de cette institution qui manifestaient une certaine compréhension à leur égard. Vous avez aussi -- du moins votre porte parole --, à travers votre émission sur la chaîne d'Etat, fait appel au massacre des étudiants. Je vous ai clairement fait comprendre au cours d'une rencontre au Rectorat de l'UEH que cette attitude était totalement irresponsable et qu’il fallait engager des négociations véritables avec les étudiants, au lieu d'essayer de les acculer. Je vous ai suggéré de les considérer comme des acteurs à part entière dotés d'une certaine légitimité. Le caractère radical de leurs revendications n'était nullement une raison suffisante, pour fermer la porte au dialogue. Ceux qui s'y connaissent en la matière de négociation savent très bien qu'il est presque toujours possible d'arriver à un compromis.
Peut être que vous avez voulu lancer un avertissement à tous ceux qui osent vous contredire en leur indiquant que vous disposez de la force brutale (ce que vous confère vous accointances).
Par cet acte, messieurs les membres du Conseil Exécutif, vous avez seulement montré que vous pouvez faire ce que Monsieur Gérard Bissinthe ou même le général Prospère Avril ou n'ont pas osé faire à l'Université.
Votre message est clair : vous disposez de la force de répression et vous êtes prêt à l'utiliser contre tous ceux qui osent vous défier. Je peux toujours vous avertir, Monsieur Deshommes, qu'il est pas toujours conseillé -- il est même dangereux-- de faire une utilisation maladroite et abusive de la force.
Nous ne pouvons qu'avoir honte de cette intervention à la Faculté de Médecine de Pharmacie et de Technologie Médicale. Vous avez souillé le principe de l'inviolabilité de l'espace universitaire. Vous êtes maintenant devenu tristement célèbre et c’est ce que l’histoire, malheureusement, retiendra de vous et du recteur Vernet Henry.
Mes salutations
Roosevelt MILLARD
Cela me gêne beaucoup de constater que vous affichez, vous Fritz Deshommes, sans l’ombre d’un regret cette attitude triomphaliste qui doit peut être cacher un sentiment profond de culpabilité, après avoir accompli cet acte le plus honteux qui ait été commis à l'Université d'Etat d'Haïti depuis sa fondation, à savoir, le débarquement en pleine nuit des forces armées dans l'enceinte de la Faculté de Médecine. Je me garde de rappeler ici les détails de cette triste opération afin d'éviter de dévoiler l’évidence de votre intention de noyer dans le sang toute résistance de la part des étudiants.
Vous savez, mieux que moi, que vous avez eu soin d'écarter ou d'ignorer toutes les propositions qui pourraient aboutir à une solution négociée à la crise. Je sais que dès le départ, pour des raisons inavouables, le recteur et vous (le professeur W. Laleau semblait être plus timide) avez exprimé (dans vos propos fort malheureux) votre mépris à l'égard des étudiants contestataires et avez opté pour une solution musclée. Cela s'est traduit par la campagne de dénigrement que vous avez orchestrée contre ces étudiants et les professeurs de cette institution qui manifestaient une certaine compréhension à leur égard. Vous avez aussi -- du moins votre porte parole --, à travers votre émission sur la chaîne d'Etat, fait appel au massacre des étudiants. Je vous ai clairement fait comprendre au cours d'une rencontre au Rectorat de l'UEH que cette attitude était totalement irresponsable et qu’il fallait engager des négociations véritables avec les étudiants, au lieu d'essayer de les acculer. Je vous ai suggéré de les considérer comme des acteurs à part entière dotés d'une certaine légitimité. Le caractère radical de leurs revendications n'était nullement une raison suffisante, pour fermer la porte au dialogue. Ceux qui s'y connaissent en la matière de négociation savent très bien qu'il est presque toujours possible d'arriver à un compromis.
Peut être que vous avez voulu lancer un avertissement à tous ceux qui osent vous contredire en leur indiquant que vous disposez de la force brutale (ce que vous confère vous accointances).
Par cet acte, messieurs les membres du Conseil Exécutif, vous avez seulement montré que vous pouvez faire ce que Monsieur Gérard Bissinthe ou même le général Prospère Avril ou n'ont pas osé faire à l'Université.
Votre message est clair : vous disposez de la force de répression et vous êtes prêt à l'utiliser contre tous ceux qui osent vous défier. Je peux toujours vous avertir, Monsieur Deshommes, qu'il est pas toujours conseillé -- il est même dangereux-- de faire une utilisation maladroite et abusive de la force.
Nous ne pouvons qu'avoir honte de cette intervention à la Faculté de Médecine de Pharmacie et de Technologie Médicale. Vous avez souillé le principe de l'inviolabilité de l'espace universitaire. Vous êtes maintenant devenu tristement célèbre et c’est ce que l’histoire, malheureusement, retiendra de vous et du recteur Vernet Henry.
Mes salutations
Roosevelt MILLARD
22 août 2009
Le RUEH contribue au déboisement de la planète
LA LETTRE DU DEBOISEUR
Le RUEH contribue au déboisement de la planète…
par le Professeur Wete LAVYOLET
Le RUEH tient péniblement son rang parmi les déboiseurs institutionnels. Hier encore il caracolait en tête des administrations universitaires de la région en matière de réduction de la couverture végétale, grâce notamment à sa consommation boulimique de papier.[1] L'arrivée à sa tête d'un agronome a suscité une grande inquiétude chez les déboiseurs, quant à la capacité de l'institution à tenir son rang. Le tableau et les graphes qui accompagnent cet article montrent clairement la régression et établissent clairement la menace. En effet, durant l'année 2008, la première du mandat de l'agronome, la consommation du seul papier "Letter" a chuté de près de 50%, en passant des 410000 pages de l'année 2007 à seulement 220500! Mauvaise augure! Malgré cela, la petite administration universitaire maintenait la tête au dessus de la mare en parvenant à débiter le minimum d'un arbre par mois. Elle finissait même à remonter en décembre 2008 au niveau très honorable de 3 arbres abattus en ce mois de fêtes. Et seulement 15 arbres abattus en 2008 contre 27 l’année d’avant. La situation est grave. Alerte rouge.
La position du RUEH est menacée de l'intérieur par quelques activistes utopistes écolo-technologistes qui, misant sur la formation et la sensibilité d’un recteur issu des Sciences de la Vie, veulent le pousser à réduire encore plus la consommation de produits à base végétale. Ils arguent que diverses opérations papivores peuvent être valablement réalisées à travers le réseau Internet de manière moins onéreuse, plus rapide et plus conforme aux infâmes critères du pseudo développement durable. Ils donnent en exemple la convocation d’une assemblée universitaire telle que le CU (Conseil de l’Université) qui exige actuellement:
- 1)- l'impression d'une centaine de pages chacune (pour peu que la lettre de convocation soit accompagnée d'un ordre du jour ou d'un document de support).
- 2) La distribution par un courrier à motocyclette à toutes les unités de l'UEH dispersées à travers l'arrondissement de Port-au-Prince.
- 3) - un appel téléphonique -par une secrétaire- à chacun des invités pour prévenir les absences du fait de la longueur et des impondérables de la distribution du courrier.
Les rêveurs des TICs, sont ignorants des bienfaits du libéralisme comme du fait économique et social haïtien. Ils disent que le coût d'une telle convocation papivore est élevé en termes financiers vu la maigreur du budget de l’université, que des économies substantielles seraient réalisées par l'utilisation de l'outil de messagerie développé et entretenu par l'Université. Ils disent que la contribution du RUEH à la réduction des émissions de CO2 serait appréciable et autres billevesées écologistes et futuristes si l’on envisageait de réduire les dépenses de carburant. Cela serait possible prétendent-ils en expédiant des messages rapides aux membres des conseils « tous détenteurs d’une adresse de messagerie UEH ». Ils oublient qu'une telle démarche réduirait au chômage non seulement le brave motocycliste qui doit donner à manger à sa famille élargie, le pain de l'instruction à ses enfants et la swenyaj à toute sa maisonnée, mais encore tous les importateurs de papier de la place et tuerait tous les emplois dus à ce commerce intellectuel.
Il faut dénoncer l'illusion que ces radoteurs veulent répandre à travers l'UEH que l'adoption du courrier électronique pourrait augmenter la productivité des travailleuses de l'UEH en réduisant les redondances de tâches. Mais je vous le demande : Un appel par téléphone cellulaire pour annoncer une réunion convoquée par lettre ne met elle pas une touche humaine à une tâche administrative ingrate? La secrétaire a-t-elle alors le temps d’aller sur Internet pour aller jouer avec le coûteux gadget de messagerie que l’administration lui a fourni ? En quoi l'impression d'une lettre rédigée sur l’ordinateur relié à l’Internet peut-elle faire double emploi avec l'envoi d'un mail gratuit, et rapide et sûr?-
Ces fauteurs de troubles veulent simplement singer l'étranger. Nous ne sommes pas Harvard. Eux peuvent faire l’économie d’un coursier, d’une standardiste, des gallons d’essence, et de la pollution concomitante pour une simple convocation. A Harvard ils peuvent le faire sans papier en 15 secondes seulement et obtenir la garantie - la certitude- qu´un message est bien reçu par des milliers de destinataires, en utilisant les mêmes outils et les mêmes logiciels que nous. Faut-il vraiment croire ces bonimenteurs médiocres quand ils vantent les économies monstrueuses réalisées grâce à l'abandon du papier pour les transactions administratives dans les universités du Nord ? Malhonnêtes, ils oublient de préciser que cela est possible seulement parce que ces universités disposent à profusion de courant et d'un accès Internet universel et à bas prix ! Notre prochaine publication démontrera la vanité de ces menteurs des TIC qui croient que les pauvres usagers des CU, CE, CA, CR ou autres conseils de l'UEH ne peuvent adhérer au schéma spécieux décrit par ces fumistes. Nous démontrerons que les humbles et pauvres enseignants de l’UEH enclavée ne pourront jamais utiliser l’outil coûteux de messagerie que ces parasites ont mis au point dans leur sinécure au rectorat.
Le papier est l’avenir. Alors, allons-nous en rester à seulement un seul arbre abattu par mois ? L’Objectif de 72 arbres de papier en 2013 est raisonnable! Augmentons la production intellectuelle du pays. A bas ces faux défenseurs de l’environnement. Il faut agir pour empêcher le Recteur de succomber à leur chant de sirène et continuer à réduire la consommation de papier dans notre université.
W. L
. Tableau de consommation du papier Lettre au RUEH en 2007 et 2008 en Rames de 500 feuilles et correspondance en nombre d’arbres abattus (1 arbre pour 30 rames)
(Source : Service des ressources matérielles de l’Administration Centrale de l’Université d’État d’Haïti)
. Tableau de consommation du papier Lettre au RUEH en 2007 et 2008 en Rames de 500 feuilles et correspondance en nombre d’arbres abattus (1 arbre pour 30 rames)
(Source : Service des ressources matérielles de l’Administration Centrale de l’Université d’État d’Haïti)
CONSOMMATION DE PAPIER LETTRE AU RUEH | ||||||||||||
2007 | ||||||||||||
j | f | m | a | m | j | j | a | s | o | n | d | |
77 | 54 | 38 | 39 | 36 | 25 | 55 | 261 | 39 | 68 | 83 | 45 | 820 |
3 | 2 | 1 | 1 | 1 | 1 | 2 | 9 | 1 | 2 | 3 | 2 | 27 |
2008 | ||||||||||||
J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | |
23 | 26 | 37 | 44 | 31 | 20 | 51 | 20 | 38 | 44 | 27 | 80 | 441 |
1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 2 | 1 | 1 | 1 | 1 | 3 | 15 |
Les chiffres concernent le seul papier lettre. Le papier Légal, les pads, la papeterie à entête pré imprimée de tous formats ne sont pas pris en compte.
[1] Les arbres constituent la matière première de la fabrication de papier. Un arbre produit en moyenne 30 rames (soit 150000 feuilles) de papier Lettre (papier du format 8 ½ par 11 utilisé couramment en Haïti.) . La consommation de papier ne se limite pas au papier Lettre. Le papier Légal (8 ½ par 14) est également utilisé : il est coupé au massicot et ramené au format 8 ½ par 11 en cas de pénurie de papier Lettre.
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