10 septembre 2009

Réflexions sur la décision du CE de l'UEH

Que le Rectorat soit obligé de recourir à la force publique pour permettre au décanat de la Faculté de Médecine (FMP) de reprendre le contrôle des locaux de ladite Faculté, c'est un fait à déplorer. C'est regrettable et malheureux que l'on soit arrivé à cette mesure au sein de la communauté universitaire.
Mais, Pourquoi est-on arrivé là ? Comment faut-il comprendre ce qui s'est passé ? D'après moi, il ne s'agit pas d'un usage de la force publique par le pouvoir politique pour réprimer des étudiants en raison de leurs engagements ou de leurs opinions politiques. Il ne s'agit pas non plus d'un rectorat de facto qui cherche à mater une contestation étudiante.
Cet usage de la force publique n'est en rien une ingérence de la force publique dans les affaires de l'UEH. La force publique a juste permis de mettre fin à ce qui s'apparente de fait à une prise d'otage de la faculté. Cela aurait été une ingérence si l'appel ponctuel à la force publique visait à lui seul à trouver une solution à la crise.
Maintenant que le décanat reprenne du service, que les professeurs fréquentent la faculté, que tous les étudiants indistinctement peuvent fréquenter la faculté, que la faculté retrouve une certaine sérénité,… j'imagine que le décanat va s'évertuer à trouver une solution négociée à cette situation de crise de la FMP, une solution sur laquelle toutes les composantes de la FMP doivent s'entendre à travers la commission de dialogue proposée.
Je pense que les autorités légitimes de l'UEH ont voulu, par cette mesure, faciliter la reprise des activités administratives nécessaires à la poursuite du dialogue et à la préparation de la nouvelle année académique. L'usage de la force n'est pas conçu par le Rectorat comme un moyen de trancher le différend entre un groupe d'étudiants et le décanat de la FMP.
Je ne conçois pas non plus ce qui s'est passé comme une violation de l'espace universitaire, car la PNH n'a pas eu l'initiative d'une telle décision. C'est une décision qui émane des autorités légitimes de l'UEH pour faire face à une situation de blocage administratif et académique. L'occupation de la FMP par un groupe d'étudiants, entravant ainsi le fonctionnement administratif et académique de ladite faculté, est une action illégale. Et, c'est un délit flagrant. Ayant lu avec attention les articles 34 et 34.1 de la Constitution, je ne peux pas parler de « violation de l'espace universitaire » en ce qui a trait à la mesure prise par le Rectorat.
Par ailleurs, je ne crois pas que l'usage de la force publique vise à mettre fin à la grève illimitée des étudiants. La grève demeure un droit légitime. Mais, ce qui est répréhensible c'est l'occupation illégale de l'espace de la faculté. Cette occupation crée une situation de blocage total. Elle empêche l'administration de fonctionner. Elle viole les droits des étudiants qui émettent des réserves quant à l'efficacité de ce type d'action et ceux qui sont contre cette méthode. Enfin, elle empêche certains citoyens de pouvoir bénéficier des services de la FMP auxquels ils ont droit.
Partisans de la doctrine de la « désobéissance civile », je ne suis pas en principe contre une action d'occupation. Mais, dès lors qu'on a attiré l'attention de l'opinion publique sur le problème qu'on veut résoudre, les gens qui ont entrepris ce genre d'action doivent trouver d'autres formes de luttes et s'engager dans la voie du dialogue quand la partie adverse se montre réceptive à une telle démarche.
L'attitude « jusqu'au-boutiste » de ce groupe d'étudiants a obligé les responsables de l'UEH et de la FMP à avoir recours à la force publique. Si ces étudiants persistent dans leur attitude « jusqu'au-boutiste », plus que tout autre chose, ils mettront en péril la démocratie universitaire qu'ils revendiquent.
Par rapport aux données nouvelles, je crois que ce groupe d'étudiants doivent se ressaisir et prendre toutes les dispositions pour participer (avec leurs collègues qui ne partagent pas leurs vues sur la situation de la faculté) au processus de dialogue que les dirigeants de la faculté de médecine doivent obligatoirement engager avec toutes les composantes de la faculté pour trouver une solution viable et durable à la crise.
Cette situation de blocage n'a que trop duré. Les différentes parties doivent faire preuve de sens de responsabilité (citoyenne, académique) pour permettre le retour à la normalité au sein de la FMP.
Jhon Picard Byron, enseignant à l'UEH

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