7 septembre 2009

Position du professeur Millard Roosevelt-intervention musclée du RUEH

Professeur Deshommes,

Cela me gêne beaucoup de constater que vous affichez, vous Fritz Deshommes, sans l’ombre d’un regret cette attitude triomphaliste qui doit peut être cacher un sentiment profond de culpabilité, après avoir accompli cet acte le plus honteux qui ait été commis à l'Université d'Etat d'Haïti depuis sa fondation, à savoir, le débarquement en pleine nuit des forces armées dans l'enceinte de la Faculté de Médecine. Je me garde de rappeler ici les détails de cette triste opération afin d'éviter de dévoiler l’évidence de votre intention de noyer dans le sang toute résistance de la part des étudiants.
Vous savez, mieux que moi, que vous avez eu soin d'écarter ou d'ignorer toutes les propositions qui pourraient aboutir à une solution négociée à la crise. Je sais que dès le départ, pour des raisons inavouables, le recteur et vous (le professeur W. Laleau semblait être plus timide) avez exprimé (dans vos propos fort malheureux) votre mépris à l'égard des étudiants contestataires et avez opté pour une solution musclée. Cela s'est traduit par la campagne de dénigrement que vous avez orchestrée contre ces étudiants et les professeurs de cette institution qui manifestaient une certaine compréhension à leur égard. Vous avez aussi -- du moins votre porte parole --, à travers votre émission sur la chaîne d'Etat, fait appel au massacre des étudiants. Je vous ai clairement fait comprendre au cours d'une rencontre au Rectorat de l'UEH que cette attitude était totalement irresponsable et qu’il fallait engager des négociations véritables avec les étudiants, au lieu d'essayer de les acculer. Je vous ai suggéré de les considérer comme des acteurs à part entière dotés d'une certaine légitimité. Le caractère radical de leurs revendications n'était nullement une raison suffisante, pour fermer la porte au dialogue. Ceux qui s'y connaissent en la matière de négociation savent très bien qu'il est presque toujours possible d'arriver à un compromis.
Peut être que vous avez voulu lancer un avertissement à tous ceux qui osent vous contredire en leur indiquant que vous disposez de la force brutale (ce que vous confère vous accointances).
Par cet acte, messieurs les membres du Conseil Exécutif, vous avez seulement montré que vous pouvez faire ce que Monsieur Gérard Bissinthe ou même le général Prospère Avril ou n'ont pas osé faire à l'Université.
Votre message est clair : vous disposez de la force de répression et vous êtes prêt à l'utiliser contre tous ceux qui osent vous défier. Je peux toujours vous avertir, Monsieur Deshommes, qu'il est pas toujours conseillé -- il est même dangereux-- de faire une utilisation maladroite et abusive de la force.
Nous ne pouvons qu'avoir honte de cette intervention à la Faculté de Médecine de Pharmacie et de Technologie Médicale. Vous avez souillé le principe de l'inviolabilité de l'espace universitaire. Vous êtes maintenant devenu tristement célèbre et c’est ce que l’histoire, malheureusement, retiendra de vous et du recteur Vernet Henry.


Mes salutations
Roosevelt MILLARD

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