Protestation du Corps professoral de l'ENS contre l'instauration d'un climat de violence inapproprié au dialogue, à la demande des comptes, et les agressions - tant verbales que physiques - subies par des professeurs qui luttent pour le changement à l'École Normale Supérieure. |
24 mars 2009
Arrêt de travail des professeurs de l'École Normale Supérieure.
3 mars 2009
Résolution du Conseil de l'Université
Au cours d'une session extraordinaire tenue le 27 février 2009, le Conseil de l'Université d'État d'Haïti, organe suprême de l'UEH, a décidé la mise en veilleuse des mesures relatives aux licences en sciences de base. Cliquez ici pour lire le texte de la résolution.
ENS:Crise dans la crise... Bulletin # 2
Pour comprendre l’évolution de la situation actuelle.
Par des «Anciens de l’École Normale Supérieure»
Après avoir montré comment le groupe FRAE instrumente à ses propres fins la question des sciences de base, il serait intéressant, pour faciliter la compréhension, de mettre l’accent sur ce qu’a fait l’ancien conseil de direction sur cette question des sciences de base. C’est ce que nous nous proposons de faire dans le cadre de ce second bulletin.
Par des «Anciens de l’École Normale Supérieure»
Après avoir montré comment le groupe FRAE instrumente à ses propres fins la question des sciences de base, il serait intéressant, pour faciliter la compréhension, de mettre l’accent sur ce qu’a fait l’ancien conseil de direction sur cette question des sciences de base. C’est ce que nous nous proposons de faire dans le cadre de ce second bulletin.
Concernant l’implication de l’ancien conseil de direction de l’ENS dans la mise en place des programmes de licence en sciences de base, on dispose de deux rapports : le « Rapport / Synthèse de la rencontre du VRR avec les membres de l’équipe travaillant à l’implémentation du volet "appui aux licences en sciences de base (Chimie, Biologie, Physique, Mathématiques)" dans le cadre du Plan Quinquennal 2008-2012»[1].
Dans le rapport du 8 janvier 2008, on note cette affirmation de M. Janin Jadotte au sujet de la licence de Mathématiques : «cette licence doit se réaliser en collaboration avec l’Ecole Normale Supérieure (ENS)». A cette rencontre où deux professeurs de l’ENS (M. Chéry Achys, Département de Mathématiques et M. Alexis Huguens, Département de Physique) étaient présents, on ne rapporte aucune réserve de l’ENS. Le rapport du 16 janvier 2008 fait, par contre, état d’une contestation par les dirigeants de l’ENS des propos de M. Janin Jadotte. « [Ces dirigeants de l’Ecole Normale Supérieure] reprochent à la FDS de n’avoir pas intégré totalement [l’] ENS dans la formation». Les deux facultés ENS et FDS sont sorties de cette rencontre dos à dos sur «l’orientation à donner à la licence de Mathématiques».
L’on est en droit de se demander pourquoi les dirigeants de l’ENS qui ont exprimé des réserves concernant l’implémentation du Programme de la licence de Mathématiques ont attendu aujourd’hui pour manifester publiquement leur désaccord. Quelles démarches administratives ont-ils mené? Pourquoi n’ont-ils pas mobilisé les différentes composantes de l’ENS à l’époque ? Cela n’était pas leur préoccupation.
Au fond, même si ces anciens dirigeants de l’ENS avaient effectivement exprimé des réserves concernant l’implémentation des sciences des sciences de base, la licence de Mathématiques en particulier, la question académique tout comme la question administrative semble avoir été le cadet de leurs soucis. En témoigne le chaos dans lequel de nouveaux programmes ont été mis en place à l’ENS. Ces programmes, montés dans une démarche démagogique, visent surtout une mainmise totale de Bérard Cénatus sur l’Ecole Normale Supérieure (ENS). Rien n’est fait pour inscrire ces programmes étrangers dans une politique de renforcement académique de l’ENS. Le 1er cycle de l’ENS n’a jamais connu un niveau aussi exécrable alors que se développent à la faculté des programmes internationaux de Master I et II.
Comme nous l’avons déjà souligné, l’ancien conseil n’a aucun intérêt pour la question académique. Son terrain de prédilection est le clientélisme. Il en est le champion. Et, l’on sait très bien que clientélisme et gabegie administrative font bon ménage. L’on n’a nulle autre explication à propos du fait que ce conseil s’est trouvé souvent dans l’impossibilité de justifier beaucoup de fonds qui ont été alloués à l’Ecole Normale Supérieure (ENS). On peut citer en exemple ces fonds alloués par une fondation bien connue pour l’agrandissement des locaux. Ces fonds ont été engloutis dans le financement de bourses [2] à des partisans zélés de l’ancien conseil, à certaines extravagances du Prince Cénatus, etc.
Il est clair que si on n’explicite pas l’utilisation de ces fonds et de bien d’autres dont l’ancien conseil avait la charge, aucune candidature des membres de l’ancien conseil qui aspirent encore à diriger l’ENS ne saurait être acceptée. De même, il serait bon d’écarter de la course électorale tous ceux qui utilisent la violence aveugle et la manipulation pour faire partie du Conseil de Direction appelé à diriger une institution aussi capitale pour l’avenir de la nation.
On comprendra dès lors les raisons de ces pratiques opaques de gestion qui pourraient cacher de probables détournements de fonds quand on voit comment certains anciens étudiants défendent avec autant de zèles l’ancien conseil de direction.
Les raisons de ces pratiques opaques sont manifestes quand on tient compte des visées de contrôle total de l’ENS par M. Cénatus. En fait, l’ancien conseil de direction était dominé par ce dernier qui, en tout, fonctionne seul. Le Conseil étant une seule et même personne qui déteste les réunions et ne prend jamais en compte les avis des autres conseillers. Comme l’a toujours affirmé haut et fort M. Vertus Saint-Louis, dès le départ il a été démissionnaire. M. Luc Joseph Pierre a eu lui aussi un peu auparavant son lot d’expériences malheureuses au sein du conseil de direction de l’ENS lors d’un mandat antérieur. Il s’est retiré très tôt. La volonté de M. Cénatus de régner sans partage sur l’ENS fait qu’il est très méfiant envers tous les anciens étudiants et de tous les professeurs qui poursuivent leurs études au niveau doctoral. Tous ceux qui, par leurs capacités, leur niveau de formation et leur autonomie, sont susceptibles de relativiser la posture de « gran save » de Cénatus sont à écarter de l’ENS. Ainsi, va-t-on trouver un nombre relativement important d’anciens étudiants de l’ENS, détenteurs de diplôme de 2ième et de 3ième cycle qui sont maintenus à l’écart de l’ENS. La formation de bon nombre d’entre eux a été financée par des bourses allouées à l’ENS.
Revenons à la situation actuelle ! Au récent développement !
L’implication de l’ancien conseil ou d’un de ses membres dans la situation de troubles régnant à l’ENS est confirmée par leur intégration dans le comité de crise mis en place par le FRAE. Le FRAE veut faire passer la formation de ce comité comme une décision d’assemblée mixte. Or, ce comité est formé lors d’un rassemblement de quelques étudiants et de quelques professeurs proches du FRAE en présence de deux membres du CID qui étaient sous la très forte pression du FRAE. De toute façon, le FRAE ne saurait avoir de légitimité pour convoquer d’assemblée mixte. Les principales structures d’étudiants / étudiantes reconnues dans le cadre des règlements intérieurs de l’ENS étant le Conseil des Étudiants de l’ENS et le Comité Central des Étudiants de l’ENS. Ce comité de crise – illégal et illégitime puisque formé à l’initiative du FRAE – a rencontré le Conseil Exécutif de l’UEH, ce 19 février 2009.
Mais, l’on doit aussi – en tout état de cause – se demander pourquoi le Conseil Exécutif de l’UEH et le Conseil Intérimaire de Direction de l’ENS ont-ils consenti à s’asseoir – lors des discussions du jeudi 19 février – avec les membres de l’ancien conseil de Direction, en particulier le fameux Bérard Cénatus? Comment expliquer que l’ancien Conseil de Direction, qui comme cela se sait, a essayé par tous les moyens de torpiller les actions du Conseil Intérimaire de Direction (CID) – y compris par la violence à travers son groupe FRAE – ait été accepté, sinon invité à s’asseoir à la table des négociations. On pourrait imaginer une rencontre avec ces gens, mais ce devrait être une occasion pour leur exiger de procéder à la passation des dossiers (comme cela se doit dans toute administration) et pour leur demander de rendre compte des fonds publics et des biens de l’Etat qui étaient – ou qui seraient encore – en leur possession (personne ne sait !!!).
Nous avons bien compris que l’ancien Conseil de Direction n’a aucune préoccupation pour les sciences de base. Sinon, il aurait mobilisé l’ENS depuis 2002, au moment où l’on entamait les discussions en vue de l’implantation de ces programmes. Ce qui le préoccupe vraiment, ce sont les intrigues en vue de la mainmise définitive sur l’ENS ?
En acceptant de s’asseoir avec les membres de l’ancien conseil de Direction, le Conseil Exécutif de l’UEH et le Conseil Intérimaire de Direction de l’ENS semblent nous lancer le message que la terreur, le brigandage et le crime, en somme, l’impunité paient. L’on s’étonne de voir que ceux qui devraient rendre des comptes se mettent dans la posture de ceux qui demandent des comptes.
Jhon Picard Byron,
James Darbouze,
Lucien Georges Eddy,
Ralph Jean Baptiste,
Louis Alvarès,
Nicolas Thélusma
Anciens élèves de l’École Normale Supérieure.
[1] Datés respectivement du 08 et du 16 janvier 2008.
[2] Le système Cénatus consiste à rendre dysfonctionnel tout dispositif institutionnel d’attribution de bourses. Ainsi, M. Cénatus distribue des bourses à qui il veut. Les gens qui ont eu leur bourse par les faveurs de M. Cénatus, deviennent ses obligés et lui sont complètement inféodés.
2 mars 2009
A propos de la crise à l’ENS…
A propos de la crise à l’ENS…
Du déjà vu!
Bon dimanche à tous/toutes
Lucie Marie Carmel Paul-Austin
Du déjà vu!
C'est curieux comment les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il y a longtemps qu'une réforme urgente de l'UEH presse. Horizon indépassable, dirions-nous, mais que voulez-vous, il y a près de 14 ans, (nous étions en 1995) quand ce diagnostic fut clairement établi que toute refonte de ce système devrait faire face aux "caciquats/fiefs" , dont les tenants résistent au débat d'idées, à la transparence des dossiers (administratifs, académiques et financiers).
Faut-il qu'un jour que cela cesse! Faut-il un jour que l'UEH devienne un espace académique digne de ce nom! Faut-il enfin que l'université, en Haïti, soit le lieu critique de toute réforme, en commençant par elle-même. Car comment voulez-vous qu'on parle de réforme de la justice et du droit, de notre charte fondamentale quand les lieux de débats intellectuels, par excellence, les évitent, les rejettent et les bloquent? Comment parler de renouvellemnt des élites quand, au sein d'institutions universitaires, les dirigeants demeurent incontestés et à vie? Qui peut parler de démocratie, de règle de droit quand des lieux de formation (et soit dit en passant, de recherche) sont absents de toute norme?
Cette supercherie a assez duré. Je vois déjà ceux/celles qui disent: Oh encore la politique. Soit! Mais c'est que l'on retrouve ou bien les mêmes acteurs ou les mêmes fauteurs. Avec cela, le temple est bien gardé!
Faut-il qu'un jour que cela cesse! Faut-il un jour que l'UEH devienne un espace académique digne de ce nom! Faut-il enfin que l'université, en Haïti, soit le lieu critique de toute réforme, en commençant par elle-même. Car comment voulez-vous qu'on parle de réforme de la justice et du droit, de notre charte fondamentale quand les lieux de débats intellectuels, par excellence, les évitent, les rejettent et les bloquent? Comment parler de renouvellemnt des élites quand, au sein d'institutions universitaires, les dirigeants demeurent incontestés et à vie? Qui peut parler de démocratie, de règle de droit quand des lieux de formation (et soit dit en passant, de recherche) sont absents de toute norme?
Cette supercherie a assez duré. Je vois déjà ceux/celles qui disent: Oh encore la politique. Soit! Mais c'est que l'on retrouve ou bien les mêmes acteurs ou les mêmes fauteurs. Avec cela, le temple est bien gardé!
Bon dimanche à tous/toutes
Lucie Marie Carmel Paul-Austin
1 mars 2009
ENS : Crise dans la crise / Pour comprendre l’évolution de la situation actuelle (Bulletin #1)
Par Jhon Picard Byron, James Darbouze, Georges Eddy Lucien, Ralph Jean Baptiste, Jétro Rock, etc.
L’ENS est l’unique institution publique dont la vocation est de former les professeurs de l’enseignement secondaire en Haïti. La qualité de l’enseignement dans les écoles de la République dépend donc dans une large mesure de la formation dont bénéficient les étudiants de l’ENS. Aussi, le relèvement du système passe-t-il nécessairement par une modernisation de l’ENS. Voilà pourquoi la crise qui sévit à l’Ecole Normale Supérieure devrait interpeller tous ceux qui se soucient de la formation de nos jeunes, l’avenir du pays. C’est ce que le Conseil de l’Université d’État d’Haïti avait bien compris en décidant, dans l’exercice de ses prérogatives, de nommer un Conseil Intérimaire de Direction chargé, entre autres, d’organiser des élections (fixées normalement tous les trois ans, cependant elles n’ont pas eu lieu depuis 6 ans) et de créer des conditions en vue de la normalisation administrative et académique de l’ENS. Mais, les mesures de clarification administrative, financière et d’évaluation académique prises par le Conseil Intérimaire ont soulevé la colère des anciens dirigeants. Ceux-ci ont profité de l’annonce des dispositions du Rectorat concernant les nouveaux programmes d’enseignement des sciences de base pour provoquer une nouvelle crise dans la crise.
Pour comprendre la situation actuelle, il faut passer en revue toutes les difficultés qui ont empêché le Conseil Intérimaire de Direction (CID) de l’ENS, composé des professeurs Pierre Lélien DOUYON, Marc EXAVIER et Hector Leconte PIERRE, d’entrer en fonction dès sa nomination, et d’avoir une investiture officielle. Les membres du FRAE (Front de Résistance pour l’Autonomie de l’Ens) avaient bloqué l’accès à l’ENS, et proféré des menaces graves. En effet, des inscriptions du genre « Lakou-a make san! » ont été vues en plusieurs endroits sur les murs de l’ENS. Des responsables de l’administration de l’ENS, partisans inconditionnels de M. CÉNATUS, pas forcément de l’ancien conseil, seraient de connivence avec les membres du FRAE.
La question de la répartition des programmes de sciences de base par le Rectorat devait fournir un prétexte au groupe FRAE pour faire passer Monsieur Bérard CÉNATUS comme le défenseur des étudiants et de l’ENS. Mais l’objectif fondamental consiste à créer une crise dans la crise afin de torpiller les mesures annoncées par le CID, dont un audit comptable financier à l’ENS.
Admettons néanmoins que le mouvement revendicatif relatif aux nouvelles dispositions sur les sciences de base est parti des étudiants de Physique, de Mathématiques et de Sciences naturelles. La cause en est un manque d’informations qui a permis une campagne de désinformation sur la répartition des programmes de sciences de base. C’était un mouvement revendicatif correct et compréhensif, jusqu’à son infiltration par le groupuscule FRAE.
Quid du FRAE ?
Qui est ce groupe ? Comment a-t-il pris naissance? Et qu’est-ce qu’il défend ? Le Front de Résistance pour l’Autonomie de l’ENS (FRAE) est un groupuscule d’étudiants et d’anciens étudiants monté à l’instigation de Bérard Cénatus pour empêcher la normalisation de la situation à l’ENS où les élections n’ont pas eu lieu depuis 6 ans et sa destitution comme membre du Conseil de Direction de l’ENS. Toutes les actions du groupe tendent vers l’objectif unique d’imposer M. CÉNATUS comme l’horizon indépassable de l’ENS. Rappelons que M. Bérard CÉNATUS dirige le Conseil de l’ENS depuis les années 1990. C’est en ce sens qu’on doit comprendre leur notion d’autonomie de l’ENS qui est synonyme de pérennisation de la mainmise de CÉNATUS sur cette entité de l’UEH. Un Czar (Tsar) qui n’aurait de compte à rendre à personne, même pas à l’UEH. Ce groupe n’a jamais ménagé son appui à l’ancien conseil de Direction. Il a commencé à soutenir Bérard CÉNATUS et son conseil de direction de facto quand le Conseil de l’Université a pris la résolution d’écarter le monarque après 19 ans de règne à la faculté, dont à peu près 6 années de pouvoir de facto : deux mandats sans élection (cf. la note de soutien de FRAE à l’ancien conseil de direction).
Cette mise en perspective, permet de comprendre les raisons du virage violent du mouvement. L’objectif principal du FRAE n’est pas la satisfaction des revendications des étudiants mais le blocage de l’École Normale Supérieure. Et, dans cette optique, ils font feu de tout bois. Il a déjà été antérieurement signalé comment ce groupe avait tenté à maintes reprises de bloquer l’ENS dans l’unique but de contrecarrer les tentatives d’une normalisation de sa vie institutionnelle. Sans succès toutefois ! Le bilan des 19 années de règne de CÉNATUS est indéfendable. La question de la création d’une licence en sciences de base devait leur fournir un prétexte. Le mouvement revendicatif des étudiants des départements Physique, Sciences naturelles et Mathématique a paru un bon filon ! Une mine à exploiter au profit de la cause CÉNATUS, même au détriment de la cause des étudiants desdits départements.
Pourquoi le FRAE veut-il bloquer à tout prix l’ENS? Tout simplement parce qu’il n’y a pas d’autres moyens pour neutraliser le CID (Conseil Intérimaire de Direction) et le mettre sous la coupe réglée de l’ancien conseil de Direction.
Malgré tout ce qu’il a entrepris, le groupe FRAE n’a pas pu empêcher l’entrée en fonction du CID après la destitution de l’ancien conseil de direction de facto. Les étudiants s’étaient soulevés comme un seul homme pour permettre au nouveau conseil de commencer à travailler.
Comme les membres du FRAE n’avaient pas réussi à empêcher son entrée en fonction, ils cherchent maintenant toutes les occasions pour entraver l’action du conseil. Quand le CID a lancé le processus électoral, ils ont été chercher d’autres prétextes. L’Occupation et la MINUSTAH. Cela n’a pas trop duré ! Les Sciences de base ? Cela va jouer ! En effet, la question a été mal abordée par le Rectorat. Bien mieux, à coup de désinformations, ils ont réussi à manipuler les étudiants. Par exemple, le FRAE a diffusé une page de l’avant-projet de loi de Charles Tardieu pour dire que le Rectorat a le projet de démanteler l’ENS. Or, comme ils le savent, cet avant-projet de loi avait été rejeté en bloc par le Conseil de l’Université et la communauté universitaire dans son ensemble. S’ils le savent, pourquoi donc ont-ils fallacieusement utilisé ce document?
Comme cela a été dit plus haut, ce n’est pas la revendication des étudiants qui intéresse ce groupe qui travaille à la solde de l’ancien conseil. Ce qui motive le FRAE c’est la neutralisation des démarches – du Rectorat et du CID – entreprises en vue de la clarification administrative et financière de l’ENS. Qui a peur de la clarification administrative et financière à l’ENS?
Pourquoi veulent-ils installer un climat de terreur à l’ENS soi-disant pour protester contre le Rectorat. Ce que vise le FRAE avec le climat de terreur à l’ENS est clair : bâillonner toute personne capable de questionner la gestion de CÉNATUS.
Les menées des membres du FRAE semblent avoir connu un certain succès. La violence et l’intimidation semblent avoir porté leurs fruits. Les membres du Conseil Intérimaire de Direction (CID), intimidés, se sont laissés faire. Paradoxalement, le Conseil Intérimaire, de concert avec le FRAE, a mis en place le Comité de crise pour discuter des modalités de retour à la normale avec le Rectorat. Certains membres du CETENS (Comité des Etudiants de l’ENS), n’ayant pas compris les manèges du FRAE sont maintenant partie prenante de la mise en application du plan du FRAE.
D’où l’urgence de clarifier la situation à l’ENS !
À suivre Bulletin #2
L’ENS est l’unique institution publique dont la vocation est de former les professeurs de l’enseignement secondaire en Haïti. La qualité de l’enseignement dans les écoles de la République dépend donc dans une large mesure de la formation dont bénéficient les étudiants de l’ENS. Aussi, le relèvement du système passe-t-il nécessairement par une modernisation de l’ENS. Voilà pourquoi la crise qui sévit à l’Ecole Normale Supérieure devrait interpeller tous ceux qui se soucient de la formation de nos jeunes, l’avenir du pays. C’est ce que le Conseil de l’Université d’État d’Haïti avait bien compris en décidant, dans l’exercice de ses prérogatives, de nommer un Conseil Intérimaire de Direction chargé, entre autres, d’organiser des élections (fixées normalement tous les trois ans, cependant elles n’ont pas eu lieu depuis 6 ans) et de créer des conditions en vue de la normalisation administrative et académique de l’ENS. Mais, les mesures de clarification administrative, financière et d’évaluation académique prises par le Conseil Intérimaire ont soulevé la colère des anciens dirigeants. Ceux-ci ont profité de l’annonce des dispositions du Rectorat concernant les nouveaux programmes d’enseignement des sciences de base pour provoquer une nouvelle crise dans la crise.
Pour comprendre la situation actuelle, il faut passer en revue toutes les difficultés qui ont empêché le Conseil Intérimaire de Direction (CID) de l’ENS, composé des professeurs Pierre Lélien DOUYON, Marc EXAVIER et Hector Leconte PIERRE, d’entrer en fonction dès sa nomination, et d’avoir une investiture officielle. Les membres du FRAE (Front de Résistance pour l’Autonomie de l’Ens) avaient bloqué l’accès à l’ENS, et proféré des menaces graves. En effet, des inscriptions du genre « Lakou-a make san! » ont été vues en plusieurs endroits sur les murs de l’ENS. Des responsables de l’administration de l’ENS, partisans inconditionnels de M. CÉNATUS, pas forcément de l’ancien conseil, seraient de connivence avec les membres du FRAE.
La question de la répartition des programmes de sciences de base par le Rectorat devait fournir un prétexte au groupe FRAE pour faire passer Monsieur Bérard CÉNATUS comme le défenseur des étudiants et de l’ENS. Mais l’objectif fondamental consiste à créer une crise dans la crise afin de torpiller les mesures annoncées par le CID, dont un audit comptable financier à l’ENS.
Admettons néanmoins que le mouvement revendicatif relatif aux nouvelles dispositions sur les sciences de base est parti des étudiants de Physique, de Mathématiques et de Sciences naturelles. La cause en est un manque d’informations qui a permis une campagne de désinformation sur la répartition des programmes de sciences de base. C’était un mouvement revendicatif correct et compréhensif, jusqu’à son infiltration par le groupuscule FRAE.
Quid du FRAE ?
Qui est ce groupe ? Comment a-t-il pris naissance? Et qu’est-ce qu’il défend ? Le Front de Résistance pour l’Autonomie de l’ENS (FRAE) est un groupuscule d’étudiants et d’anciens étudiants monté à l’instigation de Bérard Cénatus pour empêcher la normalisation de la situation à l’ENS où les élections n’ont pas eu lieu depuis 6 ans et sa destitution comme membre du Conseil de Direction de l’ENS. Toutes les actions du groupe tendent vers l’objectif unique d’imposer M. CÉNATUS comme l’horizon indépassable de l’ENS. Rappelons que M. Bérard CÉNATUS dirige le Conseil de l’ENS depuis les années 1990. C’est en ce sens qu’on doit comprendre leur notion d’autonomie de l’ENS qui est synonyme de pérennisation de la mainmise de CÉNATUS sur cette entité de l’UEH. Un Czar (Tsar) qui n’aurait de compte à rendre à personne, même pas à l’UEH. Ce groupe n’a jamais ménagé son appui à l’ancien conseil de Direction. Il a commencé à soutenir Bérard CÉNATUS et son conseil de direction de facto quand le Conseil de l’Université a pris la résolution d’écarter le monarque après 19 ans de règne à la faculté, dont à peu près 6 années de pouvoir de facto : deux mandats sans élection (cf. la note de soutien de FRAE à l’ancien conseil de direction).
Cette mise en perspective, permet de comprendre les raisons du virage violent du mouvement. L’objectif principal du FRAE n’est pas la satisfaction des revendications des étudiants mais le blocage de l’École Normale Supérieure. Et, dans cette optique, ils font feu de tout bois. Il a déjà été antérieurement signalé comment ce groupe avait tenté à maintes reprises de bloquer l’ENS dans l’unique but de contrecarrer les tentatives d’une normalisation de sa vie institutionnelle. Sans succès toutefois ! Le bilan des 19 années de règne de CÉNATUS est indéfendable. La question de la création d’une licence en sciences de base devait leur fournir un prétexte. Le mouvement revendicatif des étudiants des départements Physique, Sciences naturelles et Mathématique a paru un bon filon ! Une mine à exploiter au profit de la cause CÉNATUS, même au détriment de la cause des étudiants desdits départements.
Pourquoi le FRAE veut-il bloquer à tout prix l’ENS? Tout simplement parce qu’il n’y a pas d’autres moyens pour neutraliser le CID (Conseil Intérimaire de Direction) et le mettre sous la coupe réglée de l’ancien conseil de Direction.
Malgré tout ce qu’il a entrepris, le groupe FRAE n’a pas pu empêcher l’entrée en fonction du CID après la destitution de l’ancien conseil de direction de facto. Les étudiants s’étaient soulevés comme un seul homme pour permettre au nouveau conseil de commencer à travailler.
Comme les membres du FRAE n’avaient pas réussi à empêcher son entrée en fonction, ils cherchent maintenant toutes les occasions pour entraver l’action du conseil. Quand le CID a lancé le processus électoral, ils ont été chercher d’autres prétextes. L’Occupation et la MINUSTAH. Cela n’a pas trop duré ! Les Sciences de base ? Cela va jouer ! En effet, la question a été mal abordée par le Rectorat. Bien mieux, à coup de désinformations, ils ont réussi à manipuler les étudiants. Par exemple, le FRAE a diffusé une page de l’avant-projet de loi de Charles Tardieu pour dire que le Rectorat a le projet de démanteler l’ENS. Or, comme ils le savent, cet avant-projet de loi avait été rejeté en bloc par le Conseil de l’Université et la communauté universitaire dans son ensemble. S’ils le savent, pourquoi donc ont-ils fallacieusement utilisé ce document?
Comme cela a été dit plus haut, ce n’est pas la revendication des étudiants qui intéresse ce groupe qui travaille à la solde de l’ancien conseil. Ce qui motive le FRAE c’est la neutralisation des démarches – du Rectorat et du CID – entreprises en vue de la clarification administrative et financière de l’ENS. Qui a peur de la clarification administrative et financière à l’ENS?
Pourquoi veulent-ils installer un climat de terreur à l’ENS soi-disant pour protester contre le Rectorat. Ce que vise le FRAE avec le climat de terreur à l’ENS est clair : bâillonner toute personne capable de questionner la gestion de CÉNATUS.
Les menées des membres du FRAE semblent avoir connu un certain succès. La violence et l’intimidation semblent avoir porté leurs fruits. Les membres du Conseil Intérimaire de Direction (CID), intimidés, se sont laissés faire. Paradoxalement, le Conseil Intérimaire, de concert avec le FRAE, a mis en place le Comité de crise pour discuter des modalités de retour à la normale avec le Rectorat. Certains membres du CETENS (Comité des Etudiants de l’ENS), n’ayant pas compris les manèges du FRAE sont maintenant partie prenante de la mise en application du plan du FRAE.
D’où l’urgence de clarifier la situation à l’ENS !
À suivre Bulletin #2
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