3 mars 2009

ENS:Crise dans la crise... Bulletin # 2

Pour comprendre l’évolution de la situation actuelle.
Par des «Anciens de l’École Normale Supérieure»

Après avoir montré comment le groupe FRAE instrumente à ses propres fins la question des sciences de base, il serait intéressant, pour faciliter la compréhension, de mettre l’accent sur ce qu’a fait l’ancien conseil de direction sur cette question des sciences de base. C’est ce que nous nous proposons de faire dans le cadre de ce second bulletin.
Concernant l’implication de l’ancien conseil de direction de l’ENS dans la mise en place des programmes de licence en sciences de base, on dispose de deux rapports : le « Rapport / Synthèse de la rencontre du VRR avec les membres de l’équipe travaillant à l’implémentation du volet "appui aux licences en sciences de base (Chimie, Biologie, Physique, Mathématiques)" dans le cadre du Plan Quinquennal 2008-2012»[1].

Dans le rapport du 8 janvier 2008, on note cette affirmation de M. Janin Jadotte au sujet de la licence de Mathématiques : «cette licence doit se réaliser en collaboration avec l’Ecole Normale Supérieure (ENS)». A cette rencontre où deux professeurs de l’ENS (M. Chéry Achys, Département de Mathématiques et M. Alexis Huguens, Département de Physique) étaient présents, on ne rapporte aucune réserve de l’ENS. Le rapport du 16 janvier 2008 fait, par contre, état d’une contestation par les dirigeants de l’ENS des propos de M. Janin Jadotte. « [Ces dirigeants de l’Ecole Normale Supérieure] reprochent à la FDS de n’avoir pas intégré totalement [l’] ENS dans la formation». Les deux facultés ENS et FDS sont sorties de cette rencontre dos à dos sur «l’orientation à donner à la licence de Mathématiques».
L’on est en droit de se demander pourquoi les dirigeants de l’ENS qui ont exprimé des réserves concernant l’implémentation du Programme de la licence de Mathématiques ont attendu aujourd’hui pour manifester publiquement leur désaccord. Quelles démarches administratives ont-ils mené? Pourquoi n’ont-ils pas mobilisé les différentes composantes de l’ENS à l’époque ? Cela n’était pas leur préoccupation.

Au fond, même si ces anciens dirigeants de l’ENS avaient effectivement exprimé des réserves concernant l’implémentation des sciences des sciences de base, la licence de Mathématiques en particulier, la question académique tout comme la question administrative semble avoir été le cadet de leurs soucis. En témoigne le chaos dans lequel de nouveaux programmes ont été mis en place à l’ENS. Ces programmes, montés dans une démarche démagogique, visent surtout une mainmise totale de Bérard Cénatus sur l’Ecole Normale Supérieure (ENS). Rien n’est fait pour inscrire ces programmes étrangers dans une politique de renforcement académique de l’ENS. Le 1er cycle de l’ENS n’a jamais connu un niveau aussi exécrable alors que se développent à la faculté des programmes internationaux de Master I et II.

Comme nous l’avons déjà souligné, l’ancien conseil n’a aucun intérêt pour la question académique. Son terrain de prédilection est le clientélisme. Il en est le champion. Et, l’on sait très bien que clientélisme et gabegie administrative font bon ménage. L’on n’a nulle autre explication à propos du fait que ce conseil s’est trouvé souvent dans l’impossibilité de justifier beaucoup de fonds qui ont été alloués à l’Ecole Normale Supérieure (ENS). On peut citer en exemple ces fonds alloués par une fondation bien connue pour l’agrandissement des locaux. Ces fonds ont été engloutis dans le financement de bourses [2] à des partisans zélés de l’ancien conseil, à certaines extravagances du Prince Cénatus, etc.

Il est clair que si on n’explicite pas l’utilisation de ces fonds et de bien d’autres dont l’ancien conseil avait la charge, aucune candidature des membres de l’ancien conseil qui aspirent encore à diriger l’ENS ne saurait être acceptée. De même, il serait bon d’écarter de la course électorale tous ceux qui utilisent la violence aveugle et la manipulation pour faire partie du Conseil de Direction appelé à diriger une institution aussi capitale pour l’avenir de la nation.
On comprendra dès lors les raisons de ces pratiques opaques de gestion qui pourraient cacher de probables détournements de fonds quand on voit comment certains anciens étudiants défendent avec autant de zèles l’ancien conseil de direction.

Les raisons de ces pratiques opaques sont manifestes quand on tient compte des visées de contrôle total de l’ENS par M. Cénatus. En fait, l’ancien conseil de direction était dominé par ce dernier qui, en tout, fonctionne seul. Le Conseil étant une seule et même personne qui déteste les réunions et ne prend jamais en compte les avis des autres conseillers. Comme l’a toujours affirmé haut et fort M. Vertus Saint-Louis, dès le départ il a été démissionnaire. M. Luc Joseph Pierre a eu lui aussi un peu auparavant son lot d’expériences malheureuses au sein du conseil de direction de l’ENS lors d’un mandat antérieur. Il s’est retiré très tôt. La volonté de M. Cénatus de régner sans partage sur l’ENS fait qu’il est très méfiant envers tous les anciens étudiants et de tous les professeurs qui poursuivent leurs études au niveau doctoral. Tous ceux qui, par leurs capacités, leur niveau de formation et leur autonomie, sont susceptibles de relativiser la posture de « gran save » de Cénatus sont à écarter de l’ENS. Ainsi, va-t-on trouver un nombre relativement important d’anciens étudiants de l’ENS, détenteurs de diplôme de 2ième et de 3ième cycle qui sont maintenus à l’écart de l’ENS. La formation de bon nombre d’entre eux a été financée par des bourses allouées à l’ENS.

Revenons à la situation actuelle ! Au récent développement !

L’implication de l’ancien conseil ou d’un de ses membres dans la situation de troubles régnant à l’ENS est confirmée par leur intégration dans le comité de crise mis en place par le FRAE. Le FRAE veut faire passer la formation de ce comité comme une décision d’assemblée mixte. Or, ce comité est formé lors d’un rassemblement de quelques étudiants et de quelques professeurs proches du FRAE en présence de deux membres du CID qui étaient sous la très forte pression du FRAE. De toute façon, le FRAE ne saurait avoir de légitimité pour convoquer d’assemblée mixte. Les principales structures d’étudiants / étudiantes reconnues dans le cadre des règlements intérieurs de l’ENS étant le Conseil des Étudiants de l’ENS et le Comité Central des Étudiants de l’ENS. Ce comité de crise – illégal et illégitime puisque formé à l’initiative du FRAE – a rencontré le Conseil Exécutif de l’UEH, ce 19 février 2009.

Mais, l’on doit aussi – en tout état de cause – se demander pourquoi le Conseil Exécutif de l’UEH et le Conseil Intérimaire de Direction de l’ENS ont-ils consenti à s’asseoir – lors des discussions du jeudi 19 février – avec les membres de l’ancien conseil de Direction, en particulier le fameux Bérard Cénatus? Comment expliquer que l’ancien Conseil de Direction, qui comme cela se sait, a essayé par tous les moyens de torpiller les actions du Conseil Intérimaire de Direction (CID) – y compris par la violence à travers son groupe FRAE – ait été accepté, sinon invité à s’asseoir à la table des négociations. On pourrait imaginer une rencontre avec ces gens, mais ce devrait être une occasion pour leur exiger de procéder à la passation des dossiers (comme cela se doit dans toute administration) et pour leur demander de rendre compte des fonds publics et des biens de l’Etat qui étaient – ou qui seraient encore – en leur possession (personne ne sait !!!).

Nous avons bien compris que l’ancien Conseil de Direction n’a aucune préoccupation pour les sciences de base. Sinon, il aurait mobilisé l’ENS depuis 2002, au moment où l’on entamait les discussions en vue de l’implantation de ces programmes. Ce qui le préoccupe vraiment, ce sont les intrigues en vue de la mainmise définitive sur l’ENS ?

En acceptant de s’asseoir avec les membres de l’ancien conseil de Direction, le Conseil Exécutif de l’UEH et le Conseil Intérimaire de Direction de l’ENS semblent nous lancer le message que la terreur, le brigandage et le crime, en somme, l’impunité paient. L’on s’étonne de voir que ceux qui devraient rendre des comptes se mettent dans la posture de ceux qui demandent des comptes.

Rock Jetro,
Jhon Picard Byron,
James Darbouze,
Lucien Georges Eddy,
Ralph Jean Baptiste,
Louis Alvarès,
Nicolas Thélusma

Anciens élèves de l’École Normale Supérieure.

[1] Datés respectivement du 08 et du 16 janvier 2008.
[2] Le système Cénatus consiste à rendre dysfonctionnel tout dispositif institutionnel d’attribution de bourses. Ainsi, M. Cénatus distribue des bourses à qui il veut. Les gens qui ont eu leur bourse par les faveurs de M. Cénatus, deviennent ses obligés et lui sont complètement inféodés.

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