Dans le cadre du tournage d'un documentaire sur la problématique des déportés réalisé par les cinéastes-journalistes professionnelles Rachèle Magloire et Chantal Regnault, une demande d'autorisation de tournage a été adressée verbalement au doyen de la faculté des sciences humaines de l'UEH (FASH). Mr Philippe Jaurès nous a référés au Secrétaire Général Mr Tadal, qui a accordé l'autorisation d'y filmer un haïtien déporté des États Unis, Frantz Saintil, qui y suit un cours de français en auditeur libre.
Arrivés sur les lieux le 16 mars 2007 à 10 :00 AM, alors que Rachèle filmait Frantz à la recherche de sa salle de classe, nous avons été pris à partie par un groupe d'étudiants qui ont immédiatement tenté de lui arracher la caméra des mains. Rachèle résistant à cette agression, ils se sont d'abord emparés de la batterie de la caméra, et ont un peu plus tard kidnappé l'équipement du preneur de son, Estève Ustache. S'en sont suivies quatre longues heures où nous étions, ainsi que l'équipement, pris en otages par ces messieurs et dames. Bien que nous leur ayons par deux fois montré les images filmées, qui en rien ne violaient leur droit à ne pas être filmés et ne montraient surtout rien de compromettant sinon des étudiants présents sur leur campus, ils ont insisté pour que nous effacions les images ou leur remettions la cassette sous menace constante de briser la camera.
Aucun dialogue ne semblait possible avec eux, et pendant tout ce temps où ils nous prenaient à partie, il n'y a eu aucune réaction de la part du personnel qui occupe le bâtiment administratif qui semblait tout à fait indifférent, et pourtant ce groupe qui nous tenait en otages vociférait. Le doyen présent à la faculté au moment des incidents ne s'est jamais donné la peine de quitter son bureau, voire d'intervenir. Finalement après plus de trois heures de temps, Rachèle a réussi à faire venir le Secrétaire Général (qui a prétendu avoir été "en réunion" pendant tout ce temps) afin qu'il confirme auprès d'eux que nous avions l'autorisation de filmer. Sur ce, il s'est éclipsé nous abandonnant littéralement, ainsi que l'équipement, aux mains du groupe. De guerre lasse, et craignant de plus en plus pour notre équipement, nous avons dû nous engager à remettre la cassette (qui contenait d'autres images filmées ailleurs) en échange des équipements séquestrés. Les étudiants se sont empressés, en jubilant, de la détruire sur la cour de la Faculté.
Quelques éléments à souligner
· Jamais ,que ce soit face aux militaires des FADH, aux attachés ou sur les barricades chimériques de 2004, Rachèle Magloire n'a eu à se résoudre à remettre des images déjà tournées. Fallait-il que cela lui arrive pour la première fois dans un espace universitaire ? Fallait-il que cela arrive sous la menace d'étudiants dont certains en communication sociale et aspirant à devenir cinéaste-journalistes ?
· Personne, sauf un professeur de la section communication arrivé à la fin de la scène, n'a réussi à convaincre les étudiants que la caméra utilisée n'avait pas une mémoire cachée qui permettait de conserver des images alors qu'elles étaient effacées de la cassette.
· Dès le départ, les étudiants se sont mis en position de domination, allant même jusqu'à arracher une cigarette de la bouche de Chantal, affirmant qu'il était interdit de fumer devant eux.
· Nous sommes très inquiets, cet épisode remet gravement en question la liberté d'exercer notre métier.
· L'affaire a été menée par un petit groupe d'étudiants. Plusieurs autres qui semblaient en désaccord n'ont pourtant jamais publiquement essayé de renverser la situation.
Ce regrettable incident devrait interpeller non seulement les professionnels de l'audiovisuel, mais les enseignants et les étudiants sur la vocation profonde d'un lieu où se forment les futurs cadres du pays. Est-ce que ce climat d'intolérance et de pression physique et psychologique est propice à l'éclosion d'une réflexion intelligente sur notre société?
Rachèle MAGLOIRE
Chantal REGNAULT
Estève USTACHE
Quelle situation!
RépondreSupprimerEn fait, voici quelques belles remarques:
1. le lieu: Faculté des Sciences Humaines,
2. Les Acteurs: Etudiants et journalistes.
Questions:
1. Que se passe-t-il?
2. Les étudiants sont-ils réellement conscients de leur acte. Si oui, quelle est la raison d'agir ainsi? Si non,.........!
3. la réaction emane-t-elle des répresentants des étudiants?
4. En somme pourquoi le silence total au moment de l'évenement?
Cela ne s'arrêtera pas là.
RépondreSupprimerLa Faculté des Sciences Humaines. Quel Faculté? Je suis voisin de la Faculté, le comportement des étudiant face à l'équipe de Rachel Magloire ne m'étonne pas. Depuis le GNB les étudiants de la FSH ont remplacé les chimères pour nous voisin, vitres en éclat, bruit, langage ordurier genre (aba boujwa, koulangèt maman MINISTA), les slogans ne dépassent pas ce niveau. Les révolutionnaires en carton ont fait de la FSH haut lieu de résistance contre la dictature d'Aristide en construction un nouveau GOULAG, ou on doit faire allégeance au dicta de quelques têtes creuses. Dans le voisinage nous sommes attristé de constater que cela se passe avec la bénédiction de quelques professeurs , si cela continue nous serons forcé de faire appel à la justice. Enfin, question, qui nous délivera de ces terroristes en herbe ?
Donc, être universitaire en Ayiti c’est se réduire à ses plus bas instincts : l’ignorance, la médiocrité, l’intolérance, l’irrespect, la violence…et tout ce qui remplit le vide d’autorité institutionnelle. Oooouups !!! Il s’agit d’une institution en déconfiture ‘fashiste’.
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